2017

La Fondation pour l’Egalité des Chances en Afrique a remis le Prix 2017 à Marguerite Barankitse, « la femme aux 10 000 enfants »

Marguerite BarankitseLe 23 mars 2017, au cours d’une cérémonie à Jodoigne, en Belgique, la Fondation pour l’Egalité des Chances en Afrique a remis son prix 2017 à l’activiste burundaise Marguerite Barankitse, pour son combat avec l’ONG Maison Shalom en faveur des orphelins de guerre et des enfants de la rue du Burundi.

La Maison Shalom accueille et soutient, depuis 1993, des orphelins de guerre, du SIDA, des enfants de la rue, des enfants mineurs ou issus de parents indigents, ainsi que des nourrissons en détention avec leurs mères. En 2015, lorsque la guerre civile a éclaté au Burundi, la Maison Shalom et son hôpital ont été pillés et leurs comptes bancaires bloqués par le régime du président Nkurunziza dont la candidature à un troisième mandat a déclenché le conflit qui secoue encore aujourd’hui le Burundi. Depuis le début de la crise en avril 2015, le bilan ne cesse de s’alourdir : plus de 1000 personnes tuées, 8000 détenues, 300 à 800 disparues, des centaines de personnes torturées, plus de 360 000 personnes ont dû fuir le pays, dont près de 80 000 personnes au Rwanda.

C’est donc réfugiée au Rwanda avec des centaines d’enfants qui ont pu échapper aux massacres, que la Maison Shalom tente de redonner de la dignité à ces orphelins en assurant leur scolarisation. La Fondation, en lui remettant un prix de 100.000 €, veut aider cette action alors que le travail de Marguerite Barankitse et de la Maison Shalom est fragilisé par les obstacles dressés par le régime burundais.

« En fondant la Maison Shalom, Marguerite Barankitse a voulu créer une nouvelle génération capable de rompre le cycle de la violence enclenché en 1993. La cause de l’enfant n’a pas de religion, n’a pas d’ethnie. L’intérêt de l’enfant doit transcender toutes les frontières. Car il est de notre devoir, nous Africains de Mauritanie, du Burundi ou du Congo, de nous allier pour changer ce continent, pour renforcer l’égalité des chances de tous nos enfants », a déclaré Mohamed Bouamatou, président de la Fondation, lors de la remise du prix à Marguerite Barankitse. « La fondation récompensera toujours et inlassablement ceux qui se battent pour une appropriation digne de notre avenir africain ».

Plusieurs personnalités politiques étaient présentes et ont voulu témoigner de leur soutien à la cause de Marguerite Barankitse, notamment Louis Michel, ministre d’Etat belge et député européen, Jean-Paul Wahl, député et bourgmestre de Jodoigne et Isabelle Durant, ancienne vice-présidente du Parlement européen. Le médecin congolais Dr Denis Mukwege, surnommé « l’homme qui répare les femmes » pour son travail contre la destruction volontaire et planifiée des organes génitaux des femmes dans le Kivu, en République démocratique du Congo, et lauréat du Prix 2016 de la Fondation, avait également fait le déplacement pour encourager le travail de Marguerite Barankitse. « Denis Mukwege et Maggy Barankitse sont des humanistes hors du commun. Qu’ils soient deux immenses africains qui portent haut l’éthique dans un continent que nous avons trop souvent tendance à identifier aux dévoiements anti-démocratiques de certains régimes, donne une signification particulière à leur œuvre », a déclaré Louis Michel dans son discours d’ouverture. « Denis et Maggy, à travers, vos combats, vous avez décidé de servir vos idéaux de solidarité, de justice sociale et d’humanité.

Femme et Homme de projets visionnaires, vous avez à cœur d’apporter votre pierre à la construction d’un monde plus juste, d’un monde de paix, d’un monde plus noble au sens éthique du terme ». Dans son discours de remerciement, Marguerite Barankitse a expliqué que l’aide de la Fondation sera consacrée à la scolarisation des orphelins exilés qu’elle héberge. « Je suis convaincue que les jeunes ruraux et les jeunes urbains bien instruits pourront lutter contre la corruption qui décime l’Afrique », a assuré Marguerite Barankitse. « Pour que les générations actuelles et futures ne subissent plus les assauts cruels de notre histoire politique, nous devons promouvoir l’égalité des chances. Nous devons promouvoir un système d’équité et de méritocratie ».